IA for Good : secrets d’un Serial Hacker

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IA for Good : secrets d’un Serial Hacker

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Cette semaine, rendez-vous avec Guillaume Vives, serial entrepreneur, Chief Marketing Officer chez Mirantis et conseiller de Saagie. Ce sera l’occasion d’aborder son parcours hors norme et sa vision des usages de l’IA.

Pourriez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis un Français de Bretagne, plus particulièrement des Côtes d’Armor et j’ai effectué mes études à Paris. Je suis ensuite allé aux Etats-Unis pour finaliser mes études à la fin des années 1980. 

À l’époque, il n’y avait ni internet, ni téléphone portable. Par contre, c’est à cette époque que j’ai travaillé sur les premiers réseaux internet qui communiquaient – par mail – entre quelques universités dont celle dans laquelle j’étais.

Nous profitons de cette magnifique introduction pour vous remettre ici notre troisième épisode de la Data Retenir qui explique en détail la naissance d’Internet si vous ne l’avez pas déjà vu !

Dès qu’Internet s’est démocratisé dans les sphères publiques, j’ai décidé de continuer à travailler sur ces problématiques de réseaux, de communication et de nouvelles technologies dans la Silicon Valley. Qu’est-ce que les nouvelles technologies peuvent nous apporter ?

À l’époque, c’était assez intriguant car lorsque j’étudiais à MIT, en tant que Français aux Etats-Unis, pour avoir des nouvelles de France, je devais aller à la bibliothèque pour trouver un magazine du Monde qui avait 30 jours de retard. Les problématiques de communication étaient donc très fortes et il y avait un décalage notable entre ce que les technologies étaient capables de faire à l’époque, et ce que l’on en faisait réellement.

En 2000, je suis retourné aux États-Unis avec l’envie de prendre part à des aventures entrepreneuriales dans les nouvelles technologies, de la création du produit à la structuration de l’organisation dans son ensemble. J’ai d’abord travaillé chez Agile Software, puis cette startup est devenue publique puis a été vendue à Oracle. Par la suite. J’ai ensuite travaillé dans une startup qui a fait faillite et cela a été ma plus belle expérience ! Nous voulions concurrencer Amazon, et nous avons perdu. C’est là que nous revoyons a posteriori toutes les erreurs que nous avons faites et de mieux appréhender les prochaines aventures. Aujourd’hui, je fais plus attention et je prends plus de recul sur certaines décisions.

Ensuite j’ai travaillé chez Zuora, une petite société qui faisait 8 millions de chiffres d’affaires spécialisée dans la facturation. J’y suis resté jusqu’à ce qu’à ce qu’une IPO soit faite et aujourd’hui la société vaut 2 milliards de dollars. C’est une expérience extraordinaire que de créer une société gigantesque sur un laps de temps court et de créer de la valeur.

Aujourd’hui, je suis chez Mirantis, où nous aidons les entreprises du CAC 40 à développer leurs propres applications. Notre plateforme fonctionne sur tous les clouds publics mais également dans les data centers privés. Nos clients sont des banques, des agences gouvernementales mais aussi des grandes entreprises technologiques comme Booking.com.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre l’aventure Saagie ?

Je fais depuis près de 20 ans de l’accompagnement en stratégie et bonnes pratiques Produit et Marketing et mon activité se limitait à la Silicon Valley. Maintenant que mes enfants sont tous adultes (ou presque pour le dernier), j’ai beaucoup plus de temps pour voyager en Europe et j’ai décidé d’accompagner les entreprises françaises.

Saagie s’attaque à un problème vaste et ambitieux et qui va permettre à ses clients de faire des bonds en avant en terme de compréhension de leur business et de leurs clients. les enjeux sont énormes.

Par ailleurs, l’équipe en interne est très créative avec beaucoup d’idées. Mon rôle a donc été d’accompagner l’équipe à se concentrer sur la proposition de valeur. Durant les six premiers mois, il a fallu réduire le nombre de produits pour se concentrer sur ce qui fonctionne réellement. En effet, trop de produits empêchent l’innovation, car cela force les ingénieurs à travailler sur des produits qui ne fonctionnent pas.

Comment définiriez-vous Hack For Good, un concept qui semble vous tenir à cœur ?

Les gens de la Tech sont très attachés au phénomène de hacking né dans les années 1980. C’est un processus créatif, un peu comme les graffitis dans la rue. Les graffeurs font des œuvres dans les rues car ils n’arrivent pas à s’exprimer dans leur vie de tous les jours. Les hackers sont des gens qui ont des qualités incroyables en informatique, mais ils n’arrivent pas à se canaliser, ils ne connaissent pas les dimensions marketing, business et donc ils expriment leur intelligence et connaissance en Hackant. Une fois rentrés dans un réseau très sécurisé, la grande majorité des hackers ne font rien de mal, ils publient leurs résultats dans les forums de hackers.

Ce phénomène était très présent dans les années 1990. Lorsque ces hackers sont identifiés, on se rend compte qu’ils sont extrêmement brillants.

Depuis peu, nous essayons de créer une économie pour ces talents. L’idée est d’intégrer des cercles de hackers, où ces talents vont pouvoir trouver des projets qui vont leur parler et d’être récompensés lorsqu’ils trouvent des solutions aux problèmes posés. Des grandes entreprises proposent des projets avec un système de récompense (« Bounties »), ce qui permet de canaliser ces talents et d’aider les entreprises à améliorer leurs défenses. Un bon hacker peut gagner $50k à $200k par an. Les meilleurs hackers peuvent gagner $500k à $1m par an.

Un exemple, Apple a un programme en continu, et un hacker a trouvé comment télécharger les contacts à partir d’une version spécifique d’iOS. Ce hacker aurait pu vendre ces informations sur le dark web mais il ne l’a pas fait, et Apple lui a donné 100 000 dollars pour traiter le sujet. Ce hacker est devenu une star dans le monde du Hack for Good, et prend régulièrement la parole dans des conférences.

Comment l’IA et le machine learning s’inscrivent dans cette vision du Hack for good ?

Souvent, c’est que le cycle d’innovation va arriver à son terme, et tous les trois ou quatre ans, un nouveau concept vient révolutionner nos organisations. L’un des plus gros changements des 5 dernières années est l’arrivée de l’intelligence artificielle. Nous entrons dans une époque où les choses vont s’accélérer davantage car on retrouve cette technologie partout : dans les voitures ou les objets connectés par exemple.

Toutes ces commandes, ces fonctionnalités sont sur un réseau, ce qui donne des milliers de points d’entrée aux hackers. Aujourd’hui, on peut considérer qu’il n’y a plus de rempart. Les processus de hacking ne dureront plus quelques mois, mais bien continuellement. Nous avons un besoin croissant de hackers. Je travaille moi-même avec une équipe d’environ vingt hackers sur divers projets.

Pourquoi les questions d’éthique sont-elles si importantes lorsque nous parlons nouvelles technologies ?

Avant d’avoir des enfants, j’avais une opinion très précise de ce qu’allait être mon futur enfant (personnalité, profession). Et en réalité, pendant l’éducation, on se rend compte qu’il y a tellement d’éléments externes que finalement, nous avons peu de contrôle sur la personne qu’il va devenir. C’est un peu pareil pour les nouvelles technologies et particulièrement avec l’intelligence artificielle.

Quand on crée un algorithme, il paraît intelligent. Par exemple, l’algorithme qui propose des vidéos aux utilisateurs sur Facebook comporte en réalité des biais. Si on commence à regarder des vidéos portant sur des sujets à caractère négatif, l’algorithme va continuer à me proposer ce type de contenu. Une personne qui regarde un contenu de ce type rarement ne pose pas de souci, mais s’ils sont consommés régulièrement, alors ils peuvent avoir un impact sur l’état psychologique des individus.

Le problème que nous vivons aujourd’hui, c’est que nous jouons avec le feu et que nous risquons de créer des monstres lâchés dans la nature. On le voit bien aujourd’hui aux Etats-Unis où une vague de haine, amplifiée par les nouvelles technologies, se fait sentir. Une nouvelle technologie ou un algorithme c’est bien, mais ça peut avoir des conséquences très négatives. Ce problème va être résolu prochainement car il est bien compris aujourd’hui et des solutions existent. Mais je suis sûr qu’on continuera de trouver des nouveaux problèmes éthiques ou autres que nous résoudrons également.

Cela ne veut pas dire qu’il faut complètement arrêter de créer, d’innover en matière de nouvelles technologies, mais il faut apprendre et continuer d’innover.

Quels sont les risques technologiques de demain ? Comment y répondre ?

Ces 20 dernières années, les nouvelles technologies ont beaucoup apporté à la société en matière de communication. L’apparition d’internet a créé un monde où on connaît beaucoup mieux les autres cultures.

Les 20 prochaines années vont avoir un impact très important dans le domaine du transport. Les innovations technologiques en matière de conduite en autopilot (Big data et IA, Saagie a un rôle énorme ici) et de voitures électriques vont changer fondamentalement nos déplacements et les impacts en termes d’émissions carbones.

A propos de l'invité
Guillaumes vives

Responsable produit et marketing logiciel cloud, j’ai eu la chance de travailler avec les meilleures équipes et j’apporte leadership et concentration à la stratégie produit. J’aide les entreprises à rallier le lancement de nouvelles solutions révolutionnaires sur le marché.

J’ai travaillé dans des entreprises telles que Zuora de la création à l’introduction en bourse; Agile Software (acquis par Oracle) et Bluejeans (acquis par Verizon).