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L’IA pour le bien commun, c’est possible !

Alexandre Pachulski, co-fondateur de Talentsoft, a écrit Génération IA qui va dépeindre un portrait innovant de l’intelligence artificielle à travers le prisme de quatre-vingts films. Son objectif est simple : faire comprendre ce que fait l’IA et inviter les individus à prendre part aux débats liés à cette innovation qui est un vivier d’opportunités pour le bien commun.

J’ai écrit ce livre parce que je suis effaré du décalage qu’il y a entre le fait que l’intelligence artificielle est déjà partout dans nos vies, et que les individus en parlent avec une grande méconnaissance du sujet, et surtout, comme si cette technologie était très lointaine. Aujourd’hui, on visualise l’IA comme dans les séries telles que Black Mirror ou West World. Avec mon livre, j’essaie d’informer, ni plus ni moins, les utilisateurs à ce sujet encore trop méconnu.

Quelle place l'IA occupe dans nos sociétés ?

L’IA est déjà partout. Dans les médias sociaux, elle pousse des vidéos susceptibles de nous intéresser dans le but de nous faire rester le plus longtemps possible sur ces plateformes afin que les annonceurs paient le plus cher possible. Rien que cet exemple-là, a un impact majeur sur nos comportements de consommation, et tristement est en train d’influencer dans nos centres d’intérêt, puisqu’on nous propose des contenus similaires à ceux qu’on aurait déjà consommés. L’IA commence également à pénétrer la sphère de l’emploi, de l’éducation, et de la santé. Pour autant, elle est encore perçue de manière lointaine. 

La conclusion à tirer est que l’IA est déjà là, sera de plus en plus omniprésente et sera une opportunité à saisir dans de nombreux secteurs. C’est donc un sujet éminemment sociétal et politique, et c’est à nous d’en faire quelque chose. 

A quel niveau se situent les méconnaissances au sujet de l'IA ?

Beaucoup de personnes plus ou moins âgées dans mon entourage ont lu mon livre. Ce qui m’a frappé, c’est que beaucoup d’entre eux ont découvert l’IA au travers de dystopies et ont le sentiment que cette technologie les dépasse totalement. 

On constate un manque cruel d’éducation des instances publiques à ce sujet. En effet, les machines ne vont pas devenir intelligentes toutes seules, ce sont les humains qui manipulent ces intelligences artificielles. 

La plupart des gens n’en ont encore pas ou peu conscience que dès qu’on partage, like, clique sur un contenu, on éduque une IA qu’on personnalise pour soi. Mon remède, c’est de faire prendre conscience aux gens de ce qu’ils font. Un clic est un choix. C’est notre rôle d’experts d’informer les individus des réels enjeux liés à cette technologie.

Comment encourager les individus à prendre part à ce débat ?

Les utilisateurs sont tellement assaillis de messages qu’ils ont dû mal à faire le tri. Quand on clique sur “tout accepter”, on fait le choix de transmettre nos données aux entreprises à des fins commerciales. Si on expliquait à ces utilisateurs ce qu’ils sont en train de faire lorsqu’ils cliquent sur ce fameux bouton, qu’on leur signifie les conséquences qu’elles impliquent, alors on les intéresserait forcément. 

Tout l’enjeu est de comprendre à quelle intention nous fournissons nos données, et de savoir à quoi sert l’IA : à vendre mieux suivant nos goûts ou à mieux nous connaître ? Dans le deuxième cas, on peut voir l’IA comme une intelligence artificielle citoyenne. La question qui doit alors se poser est donc de savoir qui doit décider de l’utilisation de l’IA. Personnellement, je pense que tout citoyen doit prendre part à ce débat. Notre rôle, en tant qu’expert de l’IA, c’est d’informer, de sensibiliser le grand public sur la nécessité de s’engager sur ces questions. 

L'IA peut-elle oeuvrer pour le bien commun ?

L’IA ne pourra pas œuvrer pour le bien commun intrinsèquement. L’IA ne fait que ce qu’on lui dit de faire. Aujourd’hui, la vision capitaliste de nos sociétés nous oblige à considérer l’IA comme un outil de profit.

Comment changer cela ? A mon sens, il s’agirait de définir une vision commune de la société. C’est pourquoi mon but, c’est d’impliquer les gens dans ce débat. Il est évident que toutes les actions menées autour de l’IA éthique en ce moment vont mener à un référendum, il est donc essentiel d’associer les individus à une réflexion collective sur l’usage de cette technologie dans nos sociétés. 

Est-ce qu’on ne pourrait pas mettre l’IA à disposition des humains pour leur permettre de révéler leurs réels talents ? On pourrait donc imaginer que les robots les aideraient à trouver leur singularité, leurs talents, leurs centres d’intérêt. La société deviendrait ainsi un ensemble de contributions individuelles au profit d’un bien commun. 

Les espoirs nourris autour de l’IA sont bien là puisqu’ils peuvent impacter le fonctionnement des sociétés. L’enjeu est de créer les discussions avec les instances publiques pour divulguer cette information, entretenir le débat avec les usagers, et œuvrer pour légiférer au mieux les évolutions sociétales induites par l’entrée de l’IA dans les différents secteurs. 

Quelles actions sont mises en place à ton niveau ?

Mon engagement politique, en dehors de ma participation à des think tanks et mon livre, se fait au travers de Talentsoft : nous sommes en train de développer une IA éthique. C’est une IA qui vise à aider chaque personne au travail à mieux comprendre quelles sont ses compétences et ses talents afin de les aligner avec leurs aspirations. Ainsi, grâce à cette intelligence artificielle, nous mettons en correspondance ces trois critères avec les opportunités en cours. Si les entreprises s’intéressent aux gens et arrivent à révéler leurs talents, la performance et le profit viendront. Les indicateurs d’engagement et de bien-être sont concomitants avec les indicateurs de performance, cela a été prouvé au cours des dernières années. On est sur une approche gagnant-gagnant, ce qui est rare dans le monde actuel, alors adoptons-la ! 

L'IA peut-elle être une opportunité pour le monde de demain ?

On peut attendre un impact sur le développement durable, dans l’éducation pour personnaliser les dispositifs d’apprentissage, sur les sujets de la sécurité également. Si l’IA pouvait empêcher les crimes, ce serait fabuleux, si elle est utilisée pour réduire nos libertés, c’est catastrophique. 

Aujourd’hui, des milliers d’entreprises sont en train de développer des algorithmes d’intelligence artificielle qui vont dans le sens d’une IA éthique. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, on voit des entreprises développer des algorithmes pour nettoyer les océans, pour améliorer l’agriculture, pour détecter des maladies. L’IA éthique se définit avant tout par les intentions. Quand celles-ci se tournent vers le bien-être des citoyens, la protection de la planète, et non au profit de quelques organisations dont le but est de faire du profit, alors le défi est relevé. A mon sens, le profit peut être une heureuse conséquence du souci du bien-être des gens. 

La question urgente à se poser est de savoir comment utiliser cette technologie et à quelles fins. 

Alexandre Pachulski
A propos de l'auteur

Alexandre Pachulski, doctorant en informatique à Paris Dauphine, est multi entrepreneur. En 2007, il fonde Talentsoft avec Jean-Stéphane Arcis et Joël Bentolila. La société vise à révolutionner le monde des ressources humaines grâce à la data. La société fait aujourd’hui partie du Next40.

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